Cette nuit un cauchemar m’a rappelé à cette affaire trouble, infinie, infinissable, infoutue de finir, des naumachies de Nîmes . . .

| Au fond de mon jardin, la borne |

. . .  dont certains prétendent qu’elles n’ont jamais eu lieu et que je n’en finirai jamais de raconter tellement elle est trouble et à triple ou multiple fond, je veux dire en fait, sans fin et sans fond. Un peu comme on a cru longtemps et qu’était peut-être cette fontaine, cette source qui irrigue, nettoie et inonde parfois, bien au-delà du jardin.

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C’est que mon vieux ventilateur chinois, mais j’y tenais, j’y tiens toujours, relique des tropiques, s’était déchaîné, à bout de canicule, ayant trop servi, sous les tropiques certes et même les équateurs d’abord, acheté à Quito je m’en souvenais, pourtant Quito c’est en haut dans les Andes, pas chaud, ramené à Lima en bas, près de la mer et du désert où l’été, l’été seulement, était si lourd, où on n’en trouvait pas, c’était la guerre quasiment, celle que menaient les Maoïstes du Sentier Lumineux contre l’Etat, tout manquait, avec sa prise électrique américaine peut-être devenue poussive, chauffant c’est sûr, doublée d’un adaptateur à l’Europe, à ses trous plus écartés dans les prises, bakélite un peu rongée, monté et démonté tant de fois, accessoire précieux, en transports, déménagements, embarquements, grille de protection, pourtant il en fallait bien une, m’étant déjà coupé avec sans la mettre, ça faisait moins de bruit, brinquebalante, vibrante, ronronnant puis rugissant au bout d’un temps, qui finissait par me réveiller.

Entre temps, dans mon lit haut sur pieds, aéré aussi par la fenêtre ouverte sur la nuit rafraîchissante, j’avais eu le temps de rêver des choses étranges qui n’avaient rien à voir.

Nous étions en assemblée et avions eu à résister à un vrai gang de mafia locale introduit au conseil : Achetez, achetez! gueulaient-ils en tapant sur les tables et les pupitres. Ils voulaient nous faire acheter du matos, des vivres, des services à leur prix à eux, et pour ça ils gueulaient, ils chahutaient, proposant ouvertement des commissions et nous restions cois, muets, désarmés, comme souvent dans les rêves et dans la vie aussi. Indignés mais sans réactions suffisantes, sans moyen de sortir du cauchemar.

C’est là que je me suis réveillé et j’ai pensé tout de suite à ce pourquoi je venais, parla faute de mon ventilateur fétiche et de son chahut soudain, de rêver ça . . . cette histoire de marché du ramassage des ordures qui avait donné lieu à un combat de mafieux ici dans ma ville il y a à peine quelques années où celui qui avait perdu l’adjudication, au demeurant aficionado flamboyant, brûlant dans son entrepôt la flottille de camions de l’autre, celui qui avait emporté le marché . . .  ce n’était pas Naples mais, bon.

On venait justement de reparler de ça avec mes amis d’ici.

Et avec Elric, oui Elric Dufau, celui-là même des Harpignies, par ailleurs et ailleurs, nous venions de reparler de cet extrême sud un peu oriental où, il n’y a pas si longtemps on mettait des bulletins de vote en réserve, oh c’était moins puant, dans des chaussettes, tout le monde s’en souvient. La honte pour une ville si fière.

Les voix, pas plus que les ordures peuvent n’avoir pas d’odeur tant qu’on ne les débusque pas au grand jour dans leurs racines cachées. Un ventilateur bruyant et sans frontières venait de me le rappeler.

Mais au fait ELRIC, et tout à fait par ailleurs cette fois, y était-il pour quelque chose dans mes déboires souterrains ?

Je veux dire dans les naumachies . . . dans cette histoire souterraine à la ville.

Hein ? Si c’était lui qui avait tout dessiné avec son crayon-pinceau-plume-stylet d’enfer . . . tous ces tableaux trompeurs . . .

Une goutte dans l’œil et hop !

Depuis le fond de mon jardin, passant par le coffre invisible mais bien là, lourd et trébuchant, cognant,  et diffusé dans les soubassements de cette ville antique, aquatique, sèche comme un bloc de pierre et romaine . . .

Tout cela allait s’expliquer, j’en étais sûr et même comment je me retrouvais tout à coup dans cet autre pétrin, le puits le plus ancien, derrière l’église, contre le mur de cette église . . . à Rivesaltes ! Capitale éternelle du muscat, inondée périodiquement par le fleuve Agly.

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david domitien duquerroigt
Amoureux de la Catalogne où il s'est trouvé des ancêtres, david domitien duquerroigt (il tient aux minuscules ), y vit maintenant un peu retiré du monde. S'il a côtoyé une partie de sa vie, avant la chute du mur de Berlin, les attachés culturels us ou soviets, sans avoir autant qu'eux l'air d'un espion, c'est que à côté de ses contes utopiques, caché derrière les ronds de jambes de ses représentations diplomatiques, il s'est donné pour tâche d'écrire secrètement l'histoire compliquée de Dio Darko Brac, l'ami qui a mené jusqu'à sa disparition une vie d'agent de la délégation de la défense extérieure, détaché auprès de la section ne figurant sur aucun organigramme de la direction des affaires étrangères non élucidées.
La nouvelle histoire que ddd met en route après son blog ayant pour siège la gare de Perpignan sur le Nouvel Obs et son essai de raconter sa vie ou son ultramort sous la Maison Carrée de Nîmes, est celle , une fois couchés sur le papier ou les écrans numériques, ces épisodes aventureux , celle amicale et nostalgique de la rencontre avec le fils de Dio, un jeune homme tranquille.
Mais voici tout à coup que ddd (oubliant provisoirement le cap Creux) se retrouve à nouveau aux approches de la maison Carrée bientôt dans son archi-dessous envahi par les eaux après être passé par le fond de son jardin . . . pour une nouvelle aventure bionico-sf.

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