Tintin le petit parisien

| théorie/histoire |

L’an dernier j’ai découvert un Tintin avant le Tintin d’Hergé. Enfin, encore un… parce qu’il y en avait d’autres. Celui qui revient le plus souvent est évidemment « Tintin-Lutin » de Benjamin Rabier.

Mais j’ai un peu cherché qui était ce fameux « Tintin, le petit parisien ».

De 1911 à 1913 Marcel Priollet publie anonymement le feuilleton « Les voyages aériens d’un petit parisien à travers le monde ». Un fascicule illustré de 16 pages (format 24,5 x 33 cm) qui paraissait tous les mercredis et mettant en scène le jeune Justin Blanchard, surnommé Tintin.

De 1935 à 1937, Marcel Priollet donne une nouvelle vie à ces personnages, et répond une fois de plus à la commande de l’éditeur Joseph Ferenczy. Cette fois il signera sous le pseudonyme de René Marcel de Nizerolles. Le feuilleton démarre cette fois sur la conquête de l’espace et porte le titre « Les aventuriers du ciel ».

Illustration R. Houy

La série est rééditée au début des années 50 dans un format de 32 pages (14×20 cm.)

Illustration R. Houy

Pour le journal L’Intrépide, René Giffey en fera une adaptation en bande dessinée nommée « Les aventuriers du ciel ». Cette adaptation est dans un style réaliste. Je n’ai pas pu lire beaucoup de pages, mais j’ai cru comprendre que le personnage principal ne s’appelle pas Tintin mais Lulu.

René Giffey

Pour en savoir plus sur « Les aventuriers du ciel » : http://gotomars.free.fr/priollet.html

Bref, après ces quelques recherches, je me suis demandé quelle légitimité pourrait aujourd’hui avoir l’adaptation d’une série en bande dessinée dont le personnage principal s’appelle Tintin, alors que le Tintin d’Hergé semble hyper protégé. Sans compter que ce petit parisien va sur la Lune… avec dans son entourage des personnages hauts en couleurs, dont un « professeur » et un « capitaine ». Il s’agit exactement du professeur Saint-Marc, du capitaine Rhineff (qui est agent secret), de l’astronome Germain Landryle et du reporter anglais Timmy-Ropp. Le peu que j’en ai lu rappelle la galerie de personnage que pouvait animer Hergé, mais ici, dans un récit de Science-Fiction. Sans compter qu’une intrigue parallèle a lieu sur Terre, mettant en scène la sœur de Justin Blanchard, Yvonne Blanchard.

Tout ça pour dire que l’œuvre de Marcel Priollet a l’antériorité du nom, donc ça ne devrait pas poser de problème. Et Tintin était un surnom commun de l’époque, pour peu qu’on s’appelait Martin ou Justin.

Au cas ou, je me prépare à la reprise :

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Elric
Elric Dufau est né en 1983, le jour du treizième anniversaire de la mort de Jimi Hendrix. Après des années d’études qui lui paraissent interminables, il décide de se consacrer à la seule chose qui lui plaise vraiment : la bande dessinée. Il s’inscrit aux Beaux-Arts, s’intéresse de près à l’art contemporain, s’amuse enfin et décroche un diplôme national d’arts plastiques (DNAP) suivi d’un diplôme national supérieur d’expression plastique (DNSEP). Sa passion première reste cependant la bande dessinée: tout juste diplômé, il s’y plonge à plein temps en dessinant l’album Marche ou rêve pour les éditions Dargaud. Il collabore régulièrement aux projets collectifs de ses amis des éditions Onapratut et fait de la musique au sein du groupe Disorder. Il est résident à la Maison des auteurs entre 2011 et 2013 pour le projet Harpignies, qui voit un jeune dessinateur embarqué dans un trafic de faux tableaux.

Il est également enseignant au Centre d'enseignement spécialisé des arts narratifs, le Cesan.

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