Retour brutal.

| Le fils de Dio |

Et d’abord c’est quoi cette manie des titres longs ?

Ce que je veux c’est raconter le tout début de l’histoire, clairement, dans l’ordre, vous vous souvenez. je ne sais pas si je vais pouvoir y arriver.

J’en suis déjà à la  saison 2, fragment 3

identifié ainsi pour l’authentification : 1703111923 / MABIO

Ça devient Fort Knox pour rentrer dans Marsam écrire un truc ici. Bon, faut dire j’avais perdu les clés et essayé d’ouvrir, par erreur et inattention, évidemment en mettant le numéro du compte en banque de . . .

J’aurais bien voulu, croyez-le bien que ça se passe autrement, mais maintenant tous les éléments sont là, la machine est en route, tic tac, juste un peu avant que l’explosion se produise. Impossible de raconter cool. Je tremble, plus de froid mais de honte et d’effroi.

Vous vous souvenez, au lieu de descendre un escalier de music hall comme je l’avais d’abord imaginé,  je descends, c’est leur faute à tous . . . un escalier de pierre taillé dans le roc au bout d’une sente raide qui pique dans la poussière ocre sur la mer un peu trouble, entre les touffes de bruyère, en ce jour de novembre et de cimetière où je suis nue et irritée du pubis et surtout plus bas à la suite d’un rasage un tant soit peu maladroit.

On dirait une scène manquante, censurée, qu’ils auraient été obligés d’enlever, de l’Age d’Or.

[Je sais que là une image volette autour, au-dessus de moi . . . un dessin plutôt, des yeux qui voient tout avec une mèche hérissée et surtout des lunettes qui accentuent ce regard . . . j’y reviendrai – j’ai l’impression que ce petit dessin si expressif passe les murailles, traverse les chapitres et peut-être même les parois des fictions comme s’il allait de l’une à l’autre . . .]

Le film est un peu noirâtre, un peu usé, saccadé comme du vieux ciné bien imité, ça lance des éclairs sur les bords, vieux déjà, pas net, flou excessivement même, mais autant qu’on voie, qu’on devine dans le brouillard de la pellicule encrassée ou du rivage embrumé, aucun archevêque d’apparat ne se profile avec sa mitre sur l’îlot rocheux scabreux, hérissé d’huîtres on dirait vaguement, regorgeant d’oursins dans les soubassements, ni vivant et gesticulant avec sa crosse, ni affalé et reposant, réduit à l’état de cadavre, en squelette enchevêtré avec d’autre et calciné. Pas de scorpions non plus s’entre-dévorant. Mais ce n’est pas un film.

Non, je ne suis pas dans l’horrible film de Buñuel-Dali, plus Buñuel que Dali cette fois, financé par l’argent de l’impassible vicomte de Noailles, prince de Poix en Picardie, projeté devant un public ou tout acquis ou carrément hostile,  composé aussi d’extrémistes cathos qui lanceront des bombes puantes, qui le fera interdire en France, qui vaudra à Buñuel d’être parfaitement grillé aux Etats Unis comme cinéaste. D’autant que Dali maître au départ du thème et du territoire de tournage, traître, se désolidarisera totalement au point que certains critiques viennent encore raconter que ce film fait chez lui sur les roches de Tudela qu’il aimait tant, avec ses amis qu’il avait invités, été après été, se fit contre lui.

Voyez, Guillermo m’avait bien appris la leçon. Et moi je connaissais bien cet endroit qui fut squatté par le Club Med plus tard pour y faire un spot de plongée.

Moi j’avais froid et je me foutais de tout ça.

A aucun moment je n’ai vu l’intérêt de tout ça.

Foutaises où je ne comprenais rien.

Il fallait que j’avance, que je descende l’escalier abrupt et ils auraient voulu . . .

elle était légère, elle était en carton, mais ils auraient voulu . . .

c’était fou ça . . .

que je porte moi-même un semblant de croix.

Moi je ne voulais pas.

C’est à ce moment là, et personne n’a filmé la scène, tout s’est arrêté  là . . .

Ce que j’ai fait est affreux . . . ignoble, criminel . . .

mais comment regretter ?

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david domitien duquerroigt
Amoureux de la Catalogne où il s'est trouvé des ancêtres, david domitien duquerroigt (il tient aux minuscules ), y vit maintenant un peu retiré du monde. S'il a côtoyé une partie de sa vie, avant la chute du mur de Berlin, les attachés culturels us ou soviets, sans avoir autant qu'eux l'air d'un espion, c'est que à côté de ses poèmes et caché derrière les bureaux et la paperasse de ses représentations diplomatiques, il s'est donné pour tâche d'écrire pas à pas l'histoire compliquée de Dio Darko Brac, l'ami de longue date qui a mené jusqu'à sa disparition une vie d'agent très spécial de la délégation de la défense extérieure, détaché auprès de la section ne figurant sur aucun organigramme de la direction des affaires étrangères non élucidées.
La nouvelle histoire que ddd met en route après son blog ayant pour siège la gare de Perpignan sur le Nouvel Obs et son essai de raconter sa vie ou son ultramort sous la Maison Carrée de Nîmes, est celle , une fois couchés sur le papier ou les écrans numériques, ces épisodes aventureux , celle amicale et nostalgique de la rencontre avec le fils de Dio, un jeune homme tranquille.

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