Texte et photographies de Didier Cottet

Katerine Avraam, Valentina Principe, Rojer Feghali, Loïc Verdier, nos 4 résidents sont arrivés au Caire le 30 octobre. Invités au Festival Cairo-Comix les 1, 2 et 3 novembre, ils font la connaissance de leurs homologues égyptiens : Mohamed Wahaba, Mohamed Salah et Deena Mohamed, qui viendront les rejoindre à tour de rôle à la « Maison de Gournah » pour des résidences de 2 semaines. Le 4 novembre c’est le grand départ pour Louxor ; 11 heures de train le long de « la vallée fertile ». C’est le premier atelier « découverte de la réalité égyptienne ». Après leur installation dans la « Maison de Gournah » pour un long séjour de deux mois sur la rive ouest du Nil, les découvertes des sites archéologiques, les visites aux gens du village, les lectures sur l’histoire égyptienne, les séances de dessins à l’extérieur comme le travail en atelier se succèdent au fil des jours. Les résidents découvrent petit à petit la matière brute qui va nourrir leurs créations. C’est ce que Didier nous montre avec ses photos par de courtes séquences, petites histoires glanées en partageant leur vie ici entre Désert et cultures au pied de la Cime ( al gurnah ) qui protège la Vallée des Rois.

 À LA RENCONTRE DE MERETSEGER

 User les semelles
Balade matinale en direction de la Vallée des Reines, jusqu’au sanctuaire de Meretséger (celle qui aime le Silence), déesse serpent, protectrice des ouvriers de la nécropole de Thèbes. Nous coupons directement à travers le désert, petite errance cahotante. Golo, tel un capitaine Haddock du désert, cherche sa route. La troupe s’étire. Au détour d’un sentier, le sanctuaire apparaît. Las, autrefois accessible, celui-ci est aujourd’hui emmuré.
Rapidement arrive un gardien, sérieuse invite à quitter les lieux. Cette partie du « gebel », comme la montagne de Gurnah, occupe l’espace de la nécropole de Thèbes, placée sous l’autorité du Ministère des Antiquités, elle est maintenant interdite d’accès. Loïc a choisi de s’inspirer de Meretséger et nous la retrouverons dans son travail.

 Workshop along the Nile

16 heures, la lumière du soleil déclinant enveloppe le Nil (ici appelé, « el bahr », la mer). Dès que l’on s’éloigne des terrasses « avec vue » et des embarcadères de felouques, le bord du fleuve accueille quelques paysans qui viennent y faire boire leurs animaux. Après l’école, des enfants y font paître de petits troupeaux de chèvres. Fin du bucolique : notre venue provoque d’abord chez eux une bousculade turbulente et vociférante. Une femme nous offre de petits bouquets d’herbes. À force de jeux, devinettes et chansons, Rojer s’emploie à ramener le calme. Atelier dessin avec grappes d’enfants. Soleil couchant, clap de fin. Direction terrasse « avec vue » sur bière.

À suivre…