Le sphinx sur lequel Dio était apparu à Split dans la vieille ville.

| Le fils de Dio |

Plus tard, nous avions fini les « tapas » depuis longtemps et attendions encore, salive séchée en creux, le « suquet de peix » promis goûteux, un plat de poissons et pommes de terre cuits dans un bouillon lentement préparé, à base d’ail, tomate et aïoli, ni bouillabaisse, ni bourride, un truc purement local et populaire et remontant aux grecs ou même aux phéniciens, pour sûr. Ils étaient un peu fatigués d’attendre et mon histoire d’épitaphe leur avait donné des crampes d’estomac, d’autant que le Tio Pepe qu’avait commandé Marco, et nous avions suivi, par solidarité avec ce choix aventuré ou reux, était vraiment très sec et bien qu’accompagné de ce que je vous ai raconté, passait mal.
J’y allais donc de ce conte totalement vrai. Du moins, c’est ainsi que Dio en personne l’avait intitulé, par opposition aux histoires incertaines que j’aime raconter.

Voilà, il était apparu a sa mère sur un sphinx.

Faut dire qu’il était un enfant trouvé, comme on dit de certains, à l’opposé, fils d’archevêque ou né avec dans le bec, une cuillère d’argent ou de vermeil, lui c’était pas pareil, lui c’était abandonné et trouvé.

Voilà toute l’histoire.
Une histoire croate à dormir debout mais totalement vraie : sa mère l’avait trouvé à peine vieux de quelques jours sur le dos du plus petit des quatre sphinx qui se trouvent à Split, dans la vieille ville. Celui qui, sous son cou musclé, sa poitrine un peu étroite et sa tête humanisée, accolés au râble de félin griffu, déploie de vrais bras humanoïdes et des mains aux longs doigts. Le petit sphinx de basalte noir qui se trouve au bout du péristyle proche de l’entrée du mausolée de l’empereur, et que Diocletien pour orner son palais, ramena d’Égypte après l’avoir sans doute arraché aux ruines de Louxor.
Voilà ce que j’étais personnellement allé vérifier à Split il y avait peu de temps et que . . .

Mais Marco, le digne fils de Dio, m’interrompit alors d’un geste.
Il fit :

Ho ! Ho !

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david domitien duquerroigt
Amoureux de la Catalogne où il s'est trouvé des ancêtres, david domitien duquerroigt (il tient aux minuscules ), y vit maintenant un peu retiré du monde. S'il a côtoyé une partie de sa vie, avant la chute du mur de Berlin, les attachés culturels us ou soviets, sans avoir autant qu'eux l'air d'un espion, c'est que à côté de ses poèmes et caché derrière les bureaux et la paperasse de ses représentations diplomatiques, il s'est donné pour tâche d'écrire pas à pas l'histoire compliquée de Dio Darko Brac, l'ami de longue date qui a mené jusqu'à sa disparition une vie d'agent très spécial de la délégation de la défense extérieure, détaché auprès de la section ne figurant sur aucun organigramme de la direction des affaires étrangères non élucidées.
La nouvelle histoire que ddd met en route après son blog ayant pour siège la gare de Perpignan sur le Nouvel Obs et son essai de raconter sa vie ou son ultramort sous la Maison Carrée de Nîmes, est celle , une fois couchés sur le papier ou les écrans numériques, ces épisodes aventureux , celle amicale et nostalgique de la rencontre avec le fils de Dio, un jeune homme tranquille.

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