Je suis un leurre.

Comme nager dans un océan d’acide.

Ce sentiment d’insécurité, depuis que j’ai visionné les vidéos de Chang se faisant mettre, remettre, contremettre, entremettre, surmettre… Rien à voir avec le cul. Je m’en fous des petits plaisirs de Chang. Non, au hasard des dizaines d’heures de crispation ridicule de sa face au moment de l’éjaculation, des bribes d’information, des choses qui échappent, et quelques conversations téléphoniques. Premier réflexe, ne pas croire ce qu’on voit, ce qu’on entend. Quoi ? Les pénétrations ? Non, les paroles d’un mec qui ne peut pas ignorer qu’il est enregistré… Mais, l’humain est ce qu’il est. Tous les humains disent toujours ce qu’ils sont, et rien d’autre. C’est irrépressible. Même les menteurs disent qu’ils sont le mensonge.

Et depuis, ce sentiment d’insécurité. Je déteste ça ! Cette sensation crispante qui te rend tout inconfortable ! Je déteste ça !

S’ébrouer. En vain. Se cacher. Trop tard. S’évader. Encore ?

Partir dans la montagne… Cette pulsion.

Mais, en attendant de céder à ma folklorique folie, maintenant je sais. Je m’en doutais par pure parano, mais maintenant je sais : je suis un leurre.

Je suis venu jusque-là, pensais-je, pour des raisons très personnelles… Que j’évite de vous raconter en tergiversant… Mais lentement, la paranoïa cherche à s’accrocher aux aspérités du réel, et tranquillement, elle se fonde, se structure, se donne des apparences, et finit par s’imposer. Il y avait quelque chose de trouble dans l’enchaînement des événements qui m’avaient mené jusqu’ici. Quelque chose qui clochait…

Toute la nuit qui suivit, blanche, la scène se rejouait, rejouait, jusqu’à se déformer, et au matin, blanc, je ne savais plus si j’avais vraiment vu où juste imaginé le subreptice regard vers l’une des caméras cachées à l’instant même, ou, dans son téléphone, Chang prononçait mon vrai nom…