Journal de mes nuits debout (épisode 2)

[ source de l’article : http://www.juliemaroh.com ]

Temps de lecture : entre 5 et 10 minutes

La télé vous montre des cagoulés qui cassent des abris-bus ? Des punk à chiens apostrophant des vendeurs de merguez qui font leur biz’ sur ceux qui viennent écouter des joueurs de tam-tam sur les places ?

Qui peut sincèrement croire que c’est là ce qui rassemble des milliers de personnes depuis plus d’un mois, partout en France et dans d’autres villes du monde ?
Ces gens qui veulent tout mais ne revendiqueraient rien, qui selon Nicolas Sarkosy «n’ont rien dans le cerveau» et qui agitent les mains au-dessus de leur tête, pourquoi ne rentrent-ils pas chez eux ?

Pour moi, les Nuit-Deboutistes sont les foules qui suivent le lapin blanc dans Matrix.

Alors oui, la confrontation est en marche, les nuits se sont faites jour d’une ébullition populaire.

Et oui, c’est toujours la même histoire : la lutte des classes. Une classe produit les biens, les services et les richesses, une autre s’en déclare propriétaire.

Ce mouvement est la contestation de tous ceux qui ont essuyé trop de mépris de la part de l’élite au pouvoir, et qui ont tout à gagner. Les nuit-deboutistes ne veulent pas retourner à leur quotidien avant d’avoir regagné leur dignité citoyenne.
Alors évidemment que la classe politique et les médias des grands groupes vont le rendre impopulaire et tenter de le faire imploser ! Ils seraient les premiers à passer au goudron et aux plumes si le coup marchait, et ils le savent très bien.
La « Convergence des Luttes » est une insurrection, « horizontale », sans leader, et Nuit Debout compte bien mettre en échec les outils répressifs de l’État et de l’économie néo-libérale qui nous régissent. D’où la forte répression policière dirigée par Cazeneuve et Hollande. Oui, les actions se multiplient partout en France pour soutenir les travailleurs en lutte, organiser des blocages économiques, dénoncer les crimes du capitalisme. Sur les places publiques de plus de 200 villes les commissions, ateliers et  assemblées populaires sont occupées à repenser la société et ses fonctionnements, pour l’intérêt du plus grand nombre, avec toutes les joies et difficultés que cela implique. Les occupations d’usine en 1936 se faisaient avec des accordéons, sur la place de la République c’est avec un orchestre entier.
Plusieurs manifestes sont déjà disponibles : du mouvement lui-même, pour l’écologie, pour l’économie, pour la grève générale , une charte féministe, etc.

Si vous avez avalé la pilule rouge, à votre naissance ou récemment, si vous voulez vous faire votre propre opinion sur Nuit Debout (ce qui s’y passe dépasse largement ce que j’évoque ici, il y a du bon comme du mauvais), il suffit de vous rendre à l’une de ces nuits organisée près de chez vous, de suivre les comptes-rendus des assemblées populaires, de suivre Gazette DeboutRadio DeboutTvDebout et même le tchat, voire les pages facebook et twitter que chaque Nuit a ouvertes.

– À   S U I V R E : Journal de mes nuits debout (interlude) –

Quelques actions et réflexions :
– Assemblée des proposition et processus de vote à Nuit Debout
– Commission Economie (Nuit Debout Paris) devant l’ambassade du Luxembourg
– Journées de la critique des médias 
– Pour un boycott actif de l’élection présidentielle (date du 20 mars)
– « L’idée de la grève générale est donc puissante précisément parce qu’un retrait massif et prolongé du travail peut contraindre une ville capitaliste, voire une économie entière, à s’arrêter. »
– « Le maire nous disait : “C’est moi qui ai été élu, c’est moi qui décide.” On lui a prouvé le contraire » ou comment les habitants de Saillans se sont ré-approprié la démocratie.
– Marinaleda, village d’irréductibles Andalous 
– « Co-construire » à Marseille
– Blocage économique des plateformes logistiques et chaînes de supermarchés
– Education Debout
– Pique nique à la frontière belge chez le gérant d’Auchan, évadé fiscal (Radio Debout 68 maris à 00:56:00)

N O T E S  &  S O U R C E S
(1) « La loi travail est-elle anti-constitutionnelle ? »
(2) « Climat, de Paris à New York on brasse du vent »
(3) Magazine Alter Eco (mai 2016), basé sur l’observatoire des inégalités, voir aussi résumé en ligne
(4) « Carlos Ghosn double les actionnaires »
(5) « BNP : profits riment avec suppression d’emplois »
(6) « EDF : des milliards pour les capitalistes, l’austérité pour les salariés »
(7) Radio Debout 65 mars à 1:02:00 
(8) Nucléaire : 5 mythes économiques décryptés
(9) « La liberté de la presse connait de graves reculs en France »
(10) « Les autocrates de la pensée économique dominante »
(11) « Pourquoi j’ai quitté le cabinet El Khomri »
(12) L’évasion fiscale expliquée en trois minutes
(13) « Comment 97 des députés ont fait capoter la loi pour lutter contre l’évasion fiscale »
(14) Radio Debout 66 mars (à 2:24:30) explications sur l’évacuation des réfugiés du lycée Jean Jaurès et sur le droit d’asile
(15) Les 22 présidents africains que la France aurait fait assassiner ou participé à assassiner.
(16) « Combien coûtent les anciens présidents de la république ? »

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Julie Maroh

Originaire du Nord de la France, Julie Maroh a été formée à l’Institut Saint-Luc à Bruxelles en section bande dessinée, puis à l’Académie Royale des Beaux-Arts en lithographie. Elle publie son premier album en 2010, « Le Bleu est une couleur chaude » : un long récit développant une histoire sensible et attachante sur le thème de l’homosexualité féminine et de son acceptation dans la société d’aujourd’hui. Ce livre connaît un fort retentissement, il reçoit notamment le Prix du Public au Festival d’Angoulême en 2011 et fait l’objet d’une adaptation au cinéma avec La Vie d’Adèle, Palme d’Or au Festival de Cannes 2013. Julie Maroh a récemment publié un nouveau roman graphique « Skandalon », une fable sociologique incarnée par une rock star jouant sur le fil des interdits. Suivirent « Brahms » chez BdMusic » et « City & Gender » chez la Boîte à Bulles. Elle travaille actuellement à plusieurs autres livres.


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