ALO ! c’est moi O Fachinero.

| Le fils de Dio |

Chers lecteurs,
je compatis car je sais à quel point vous avez déjà été crapahutés, cahotés et bousculés dans ce chaos qu’est devenu ce frêle esquif où vous emportent vos interlocuteurs habituels :

l’inconnu encore mais sans doute bientôt très illustre fils de Dio en personne qui n’a que récemment pris la plume de son propre trip sur ce truc éponyme,

avant lui, un certain duquerroigt, encore moins connu et cerné à ce jour et disparu en minuscule, qui l’a mis en selle,

sans parler de Trois Minutes qui a trouvé moyen, quoique recopié, et indirectement, d’envoyer un message ici sur Marsam.

J’espère que jusque là vous n’avez pas eu trop de mal à suivre et que je ne viendrai pas, bénévole que je suis, compliquer encore une affaire qui a pu jusqu’ici paraître déjà suffisamment obscure et entre-coupée.

Moi, c’est  o Fachinero do Arpoador.

J’ai été admis dans cette maison en ruine du Cap creux, perdu et voué aux tempêtes, voyez, là je ne parle que de la baraque à ddd qui auparavant, pas de cette histoire compliquée, selon les ragots, auparavant logeait quant-à lui, avant de venir s’établir ici en Catalogne dans un  lieu bien nommé Mas dingue, et me voilà ici intronisé par pure cooptation et flemme du remplaçant, c’est pourquoi je serai bref et commencerai par des présentations aussi concentrées que possible. Marko Brac, le Fils de Dio, ayant tendance maintenant à se reposer sur moi pour tout – mais il a cette fois de bonnes raisons – je ne voudrais pas qu’il prenne trop l’habitude de me faire écrire à sa place, comme ce Trois Minutes qui m’a laissé réparer le toit et faire le ménage seul depuis que je suis arrivé et du fait que tout le monde m’appelle o Fachinero, autant dire un peu l’homme à tout faire.

Faut expliquer cette dénomination de Fachinero.

Pour ceux qui ne connaissent pas ces mots-là et ce n’est pas une histoire simple, non plus, mais je crois que j’ai un peu de temps, pendant que Trois Minutes écrit un poème inspiré par la Tramontane, l’emportement et la faiblesse des hommes, pendant que le fils de Dio est estourbi sur un cargo qui a dépassé l’équateur, pendant que David est absent on ne sait pas trop où parti et que Dio en personne est toujours porté disparu; j’ai l’air de m’en réjouir mais ce n’est pas le cas du tout.

Donc, en résumé, pour vous expliquer . . . un fachinero au Brésil c’est un nettoyeur, un laveur, un astiqueur, un employé hautement spécialisé par exemple en lavage de vitre ou nettoyage de sol professionnalisé et personnalisé.

En revanche et pas forcément contradictoirement, El Fachinero en Uruguay ou dans les banlieues du Rio de La Plata, c’est un héros, quasiment un titre de noblesse. Et ce depuis l’invention du tango.

Voilà, et il se trouve que moi, je suis les deux.

Et bien plus de choses encore, étant né dans une île caribéenne où on a cependant, depuis si longtemps, été visité aussi, entre rumba et salsa, par le tango et le tempéremment si remarquable du criollo argentin :

agité de sombres passions

alcool  sang et prisons

amateur de punitions cruelles

vengeur d’affronts mortels

rêvant de morts violentes

emporté sur la mauvaise pente

des fiancées infidèles

aux yeux noirs éblouis par la lueur du couteau

et ces vers merveilleux et énigmatiques du poète Evaristo Carriego

( tout cela, en échantillon traduit et de mémoire et s’il vous plait, autant qu’il m’en souvienne, cité déjà par Don Jorge Luis, le bibliothécaire devenu l’Homère des banlieues de Buenos Aires, eh quoi ?  j’en connais d’autres laveurs de carreaux qui n’ont pas hésité à écrire et à en mettre des tartines bien étalées sur l’insoutenable soit-disant légèreté de l’être et les bien risibles amours ).

Voilà donc qui je suis exactement, un va nu pied venu de lointaines contrées

passé  comme dans un bouge par tant de luttes à mort – où je n’ai pas trépassé – que ma peau

en est toute couverte de profondes et décoratives cicatrices

sans parler des tatouages.

Au fait je me ferais bien mettre sur le biceps ce nu de Patricia qu’elle envoie par fesse-bouc, pas à moi, mais peut-être au fils de Dio, absent ou peut-être à David disparu pour le moment.

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david domitien duquerroigt

Amoureux de la Catalogne où il s’est trouvé des ancêtres, david domitien duquerroigt (il tient aux minuscules ), y vit maintenant un peu retiré du monde. S’il a côtoyé une partie de sa vie, avant la chute du mur de Berlin, les attachés culturels us ou soviets, sans avoir autant qu’eux l’air d’un espion, c’est que à côté de ses poèmes et caché derrière les bureaux et la paperasse de ses représentations diplomatiques, il s’est donné pour tâche d’écrire pas à pas l’histoire compliquée de Dio Darko Brac, l’ami de longue date qui a mené jusqu’à sa disparition une vie d’agent très spécial de la délégation de la défense extérieure, détaché auprès de la section ne figurant sur aucun organigramme de la direction des affaires étrangères non élucidées.

La nouvelle histoire que ddd met en route après son blog ayant pour siège la gare de Perpignan sur le Nouvel Obs et son essai de raconter sa vie ou son ultramort sous la Maison Carrée de Nîmes, est celle , une fois couchés sur le papier ou les écrans numériques, ces épisodes aventureux , celle amicale et nostalgique de la rencontre avec le fils de Dio, un jeune homme tranquille.

Mais voici tout à coup que ddd (oubliant provisoirement le cap Creux) se retrouve à nouveau aux approches de la maison Carrée ou même dans son archi-dessous envahi par les eaux après être passé par le fond de son jardin . . .


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