Résumé de la situatuion et des circonstances qu’aujourd’hui tout le monde connaît mais que les survivants désorganisés et acculturés auront peut-être un jour oubliées :

Durant ce confinement du covid 19, à vrai dire juste avant ( et ici pour une fois je ne reviendrai pas en arrière sur des épisodes passés ni ne résumerai le déroulement ni le franchissement depuis ce départ à la Jules Verne posthume (une histoire de coffre . . . oui, faut suivre . . .depuis le temps que ça dure, je reconnais, c’est dur) le fond de mon jardin – qui n’était pas, malgré ce qu’ont pu croire certains de mes chers et jeunes amis les plus attentifs et critiques, qu’une planche de décollage, c’était bel et bien un lieu doté de hauts pouvoirs perceptifs, en seraient-ils jaloux ?) . . . ayant donc franchi le cap des 77 ans + 1an déjà dépassé, me situant et largement déjà, selon certaines (déjà fort caduques) conventions ridicules, dans un âge canonique en matière de BD, ce qui serait affreusement et au demeurant peu enviable, au moment (qui voudrait dire quoi ? où se passerait quoi ?) fatidique où j’ouvre et ouvrirai encore une BD, conscient cependant de mes lenteurs, de mes redites et aternoiements, je m’en tiendrai dans ce thriller lent aux épisodes les plus récents, . . . /

. . . quand resurgi à Rivesaltes, Pyrénées Orientales (on dit P.O. là-bas) après l’immersion dans le grand bouillon bu aux naumachies de Nîmes (cette expression assez hasardeuse et discutée n’ayant pas encore pris tout son sens ici dans ce récit, et il va bien falloir l’expliciter, voire l’illustrer et en boire le contenu jusqu’à la lie, en dépit des affirmations des historiens et de mes propres réticences) et ayant à nouveau dit au revoir ou adieu à nos grands et très vieux (au moins autant que nous) amis Européens d’Uruguay avec lesquels, au cours de retrouvailles, nous avions vécu ces fluctuations temporelles qui nous avaient fait vieillir outre toute mesure et ainsi rendus terriblement vulnérables, encore plus et aussi bizarrement mais peut être de façon illusoire, rajenir par à-coups (illusion sans S de la jeunesse qu’éprouvent tous les vieux !), j’avais pu partir en solitaire, peu nostalgique ludion du temps, comme à vingt ans, abandonnant tout au débotté, vers l’est, toujours plus à l’Est . . . n’imaginant pas , à ce moment-là devoir aller plus à l’Est encore . . . et bien au-delà, . . . / Arles et Marseille pour moi, puis, après m’être arrêté à Toulon pour y contempler la splendeur d’une baie, « rade » militaire ravagée et depuis la guerre bien en rade effectivement, franchissant, après Nice et Menton, la frontière de la scandaleuse et surfaite Riviera, en panne pour le coup, je me retrouvai en Italie, ce pays qui a gardé quelques traces de l’élégance des cités baties par de savants arpenteurs-architectes, inventeurs de (d’ailleurs incroyables et urbaines) et de la, en tant que théorie, perspective(s), c’était la meilleure foutue idée qui m’était venue sur le moment, juste avant qu’on nous boucle (c’était si prévisible) fuyant tout (mes obigations, mes amis, mes craintes, mes récoltes incessantes de mûres, car c’était la saison sacrée où chante le rossignol nuit et jour comme un fou dans le bois qui fait face à ma maison et où mûrissent les mûres du mûrier que je cueille avec une religiosité païenne et les plus grandes précautions) au moins pouvais-je – ou plutôt aurais-je pu – à un certain moment si je m’y étais subitement décidé (pur hasard des décisions administratives, arbitraires et unilatérales, l’unité de l’Europe s’étant totalement dissoute puis évaporée à la première crise de toux, coupant sa respiration, qui l’avait mise en paralysie économico-sanitaire) j’aurais pu donc revenir en France puisqu’on laissait passer la frontière dans ce sens et pas dans l’autre (de Vintimille on pouvait durant un temps aller à Menton librement mais pas l’inverse, au grand dam des amateurs français de gorgonzola, jambon de Parme superbement coupé et emballé sous vos yeux ou de courge dite spaghetti, enroulée en trompette, qu’on ne trouve que transalpine) alors que les Italiens venaient se taper impunément quelques plats ordinaires et sans saveur mais hors de prix sur les terrasses de plage des bistrots de la Croisette, après le sacré confinement qui était tombé ferme et dru, modulant ses variations et interprétations, avec plus ou moins de rigueur, presque partout dans le monde (il arrivait qu’aux Philippines on tire à vue sur les contrevenants) et . . . . / pendant qu’on attendait mais sans trop savoir ce que ça allait vraiment donner en vrai et au juste et concrètement dans cet univers ubuesque, parfois courtelinesque d’impréparation grandiose spécialement dans notre douce mère patrie où des écoles existent, de grandes écoles, telle celle dite Ecole Nationale d’Arrogance et d’Ampoulage, spécialisées en formation des élites à l’impéritie ce qui donnait sur le terrain : pas plus de médicament miracle, oh non ! qu’ailleurs, malgré les annonces, stocks de produits périmés, détruits, discrédités et/ou inoportunément accumulés puis détruits, pas de vaccin suffisemment testé et estampillé qui pourrait de toutes façons, si besoin était, et pour accélérer le processus, être remis en cause par toutes sortes de contradicteurs et sceptiques organisés en sectes déjà sur le pied de guerre, avant un délai jugé court par les spécialistes, d’un an ou deux au moins, sans parler des soignants évacués et des hopitaux vidés ou manquants ou des lits disparus dans la trappe d’opérations systématiques d’amaigrissement de nos établissements publics pourtant peu pléthoriques au vu des augmentations conséquentes et régulières de nos populations, pour le plus grand profit d’une gestion pointilleusement calamiteuse,

et alors . . . ne nous restait juste en partage que des consignes comportementales et sanitaires qualifiées sans doute par erreur (ce qui ne pourrait qu’alimenter les causes et sources de rébellion contre des autorités ayant déjà manifesté et suffisemment prouvé leur mépris de la classe du manant tout venant, du sans dent au sans compte off-shore, et leur peu d’aptitude à mettre en place une . . . efficacité sociale et collective) qualifiées donc de . . . . . . .

. . . la dite et fameuse  » distanciation sociale  » en reprenant le jargon d’une étude sociologique oubliée et bien antérieure et qui n’avait rien à voir, mais absolument rien à voir, consignes qui allaient se renforcer encore dans ces jours maudits jusqu’à réclamer des autorisations qu’on devait se signer et se garantir à soi-même en personne, en conscience (les enfants faussement malades, mais de plus en plus suspectés de pouvoir le devenir, en prendraient sans doute de la graine quand ils voudraient sécher la petite école plus tard ) à condition, ça allait de soi, d’expliquer pourquoi et surtout à condition de marquer l’année, le jour, l’heure et la minute, à la seconde près, justifiant et précisant circonstances, occasion et raison de cette dérogation à ses obligations d’assignation à résidence.

Mais justement non, le crochet par l’Italie à ce moment-là s’avéra être la pire idée du jour. J’ignorais encore qu’il faudrait que j’aille . . . croyant me libérer, nettement plus à l’Est.

On m’avait prété, moi qui avais la chance d’habiter en France dans un mas bien abrité du Mistral et en partie de la Tramontane avec petit territoire boisé de quoi faire le tour de la maison pour voir le ciel et dégourdir ses jambes, un petit logement vraiment génial mais réduit et déjà, en soi, confiné, un studio étroit avec sa cuisine-séjour-mezzanine tout en un (l’escalier à vis quasi-médiéval qui occupait une grande partie du peu d’espace, démarrait à côté de la plaque à deux ronds chauffants de la kitchenette où on avait à peine la place de mettre ses chaussures sous cet escalier de pierre incorporé au mur et qui avait fière allure) mais, avantage considérable, il était tout en haut du haut immeuble, avec vue bien en dessous entre une corniche de zinc et une corde à linge, s’il n’y avait pas de linge séchant, vue sur un des trois bulbes de l’église russe que j’aimais tellement; ce logement restreint était inclus, petite boîte glissée entre des murs épais, en un de mes lieux préférés au monde, pas Milan qui est un lieu que j’aime spécialement aussi mais qui serait plus durement attaqué par l’horrible et incompréhensible virus, j’évite de le qualifier pire que ça ce virus couronné, avec lui on ne plaisante pas, exactement à Sanremo face à la mer ligure et pas n’importe où, dans le haut quartier de la Pigna, le vieux qartier pentu où les maisons s’entassent en cascade, reliées par des escaliers, des arcades et parfois de vrais passages en tunnels sous les voutes.

Mais là n’était pas la question, en d’autres moments, ce qui m’eut ravi, cette cellule de vie enchassée dans la vieille cité, était en train, dans ces foutues circonstances nouvelles de pandémie et de confinement des populations, de s’avérer une sombre et humide cachot, une vraie souricière, un cul de basse fosse.

Là . . . . la question devenait, non pas « que vais-je faire là pour essayer de survivre sans craquer ? » . . . mais « comment à nouveau m’évader ? ».

C’est alors que le hasard qui avait souvent sonné à ma porte m’aida.

Le hasard qui avait fait que dans ce studio haut perché l’Internet aussi universel que le virus fonctionna parfaitement, mieux que dans mon mas perdu en garrigue aux transmissions et ondes interceptées par les écorces et les noeuds des pins et des chênes, que je pus donc communiquer illico et presque immédiatement, que se trouva traînant là par terre un petit journal vaguement touristique et publicitaire, imprimé en Italie et publié à Monaco avec des annonces en russe, que je lusse le russe et que je tombasse sur cette vraiment invraissemblable petite annonce qui demandait d’extrême urgence un cuisinier-homme-à-tout-faire parlant ou comprenant le russe (si je traduisais littéralement) pour la station spatiale internationale.

Il ne me restait plus qu’à la rejoindre avant qu’un concurrent meilleur cuisinier ou plus rapide, ou entraîné déjà à l’a-pesanteur ne le fit fissa.

(A suivre . . . )

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david domitien duquerroigt

Amoureux de la Catalogne, david domitien duquerroigt y vit maintenant un peu retiré du monde. S'il a côtoyé une partie de sa vie, avant la chute du mur de Berlin, les attachés culturels us ou soviets, sans avoir autant qu'eux l'air d'un espion, c'est que à côté de ses contes utopiques, caché derrière les ronds de jambes de ses représentations diplomatiques, il s'est donné pour tâche d'écrire secrètement l'histoire compliquée de Dio Darko Brac, l'agent de la délégation de la défense extérieure, détaché auprès de la section ne figurant sur aucun organigramme de la direction des affaires étrangères non élucidées. La nouvelle histoire que ddd met en route après son blog ayant pour siège la gare de Perpignan sur le Nouvel Obs et son essai de raconter sa vie ou son ultramort sous la Maison Carrée de Nîmes, est celle, amicale et nostalgique de la rencontre avec le fils de Dio, un jeune homme tranquille. Mais voici tout à coup que ddd se retrouve à nouveau, aux approches de la maison Carrée, dans son archi-dessous envahi par les eaux après être passé par le fond de son jardin . . . pour une nouvelle aventure bionico-sf.

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