Ceux qui ont visité Panama ou Béziers ne connaissent rien.

| Au fond de mon jardin, la borne |

Je ne parle ni de ce que fut dans le passé ce possible paradis fiscal tropical ni du bien rance et racorni racisme qui fut plus près de nous hyperactif, je parle d’ascension aquatique fulgurante. Au Panama on passait d’un océan à l’autre en s’élevant seulement de 26 mètres et depuis peu de 30, avec le nouveau dispositif et le nouveau lac mis à contribution, à Béziers les écluses de Fonseranne sur la canal du Midi ne permettent de franchir que 21 mètres 50 encore aujourd’hui. Encore faut-il traverser tout un pays à Panama et franchir neuf écluses au pieds de Béziers pour atteindre ces maigres prouesses.

Dans la Nîmes future, celle que nous eûmes le privilège d’explorer lors de notre périple de vieillards prolongés hors du temps imparti habituellement, celle qui exploitant enfin sa source beaucoup mieux que du temps d’Auguste, où elle ne servait qu’à baigner les pieds d’un petit théâtre disparu et plus tard à inonder de temps à autre les rez de chaussée des hôtels particuliers érigés sur les quais catholiques et bourgeois, avec il est vrai jusqu’à des temps proches, l’épisode des quelques malheureux moulins à eau qui souvent à sec devaient être relayés par ceux à vent greffant leur ailes plus alphonsedaudesques que donquichottesques sur les anciennes tours romaines de la partie haute des remparts, bien maigre, peu imaginative et parcimonieuse exploitation, nous eûmes le premier véritable choc du futur. Transportés nous fûmes.

Charles n’était toujours pas descendu de son perchoir au fond de la barque, ou il y était remonté, je ne sais plus, poste d’où il devrait sans doute affronter le choc des combats à venir, mais il n’était pas fier. Il était maintenant tout replié et paraissait ratatiné là-haut d’une sorte de fièvre. Nous avions même peur, à le regarder suer, pâlir puis rougir tantôt, à nouveau, qu’il repique du nez à la première occasion. D’autant que la circulation et le bruit commençaient à s’intensifier dangereusement sur la surface obscure de ce lac noir opaque où nous avions l’impression de foncer nous-mêmes en patinant ou glissant, propulsés par les rameurs que fouettait maintenant à tour de bras le barreur redressé et y mettant toute sa vigueur ; et il n’était sans doute, du fait que nous concentrions tous notre attention sur lui, que le parangon et le reflet de notre propre désarroi et de notre prévisible déconfiture et descente aux enfers de ces eaux de caverne profonde.

Que voilà direz-vous un beau discours d’avant-Noël, bien décalé dans un futur bien peu propre à séduire de fidèles lecteurs que, apparemment, faute d’adéquation à ce jour d’hui aux temps de trêve et bombance pateline, vous prétendez noyer dans des flots amers ?

[ . . .  Réponse provisoire du conteur :

je préfère me taire en attendant, d’autant qu’ailleurs et avant, dans des temps intempestifs et actuels, dans ma chère seconde patrie, au cap Creux, se passent des choses bien étranges, aussi, avec ce Président obstinément farceur en exil qui risque d’être élu. . . . ]

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