C’est là que vous allez comprendre ce qui nous est réellement arrivé sous la ville de Nîmes en . . . . . . .

| Au fond de mon jardin, la borne |

. . . en . . . je ne sais pas trop, vers 2040 ou 50, peut-être.

En tous cas bien plus tard qu’aujourd’hui.

Bien sûr, ça va supposer de votre part un peu d’adaptation aux nouvelles époques que nous avons le privilège – triste privilège ? à vous d’en juger – d’avoir vécues, nous, Greta, Natacha, Charles et moi, comme vous avez commencé à le lire ici.

Ainsi, vous allez le voir bientôt, nous fûmes emportés, du moins c’est l’impression que nous eûmes, externalisés, suffoqués, engloutis, médusés et ballottés dans une invraisemblable et aquatique ascension, aspirés vers la lumière et portés à l’air libre dans une cheminée tubulaire et glacée où nos corps filaient comme des billes de glace sur les parois de boyaux huilés. Oh! les écluses lentes et laborieuses que j’avais traversées en péniche sur un très vieux petit canal ou en cargo sur un très grand rénové étaient de bien piètres et pauvres ascenseurs à côté de cette aspiration transcendante que nous vécûmes.  Mais je ne pourrai vous expliquer que plus tard cet effet « ophtalmique » (c’était le mot de la pancarte indiquant un changement de sens sur l’onde obscure, vous souvenez-vous ?) mais qui dépassait de loin le seul effet sur l’œil, dont semble responsable dans l’avenir au moins l’une des techniques mises au point par celui des trois initiateurs du projet Marsam . . . oui, celui que j’ai déjà évoqué . . . (ce qui supposait au demeurant que la revue Marsam elle-même, devenue une gigantesque entreprise . . . mais attendons encore un peu).

Ainsi j’avais déjà remarqué que nos corps avaient été modifiés aussi en profondeur. Au cours de ce changement brutal d’époque vécu depuis la chute dans le bassin de la Fontaine, nous avions en quelque sorte muté. La faute à Charles . . . qui n’avait pu faire autrement qu’y piquer du nez en plongeon sans savoir bien sûr ce qui l’attendait. Notre faute à nous, plus volontaire et assumée. . . de l’avoir suivi dans cette chute infernale était tout aussi fatale et peut-être funeste, mais que faire d’autre . . . précisément ?

Ainsi, la paume de nos mains se transformait à volonté en écran pour consulter images et documents que nous avions envie de voir sans même bouger un cil, par une sorte de transmission de nos influx cervicaux. Curieusement, j’avais déjà rencontré ce phénomène en rêve et l’avais décrit dans un blog voilà quelques années mais j’étais loin d’imaginer que cette opération, que cette hyper-connexion intégrée au biologique, nous allions la vivre avec tant de facilité et de naturel, y entrer de plain pied pour ainsi dire. Il suffisait de retourner la paume, spécialement celle de la main gauche, pour y voir apparaître une image correspondant à nos préoccupations du moment. Au début c’était un peu intempestif comme pouvoir mais ensuite ça devenait, moins gênant, seulement inapproprié parfois, pour utiliser un vieux langage gougueulesque, et très indiscret si on ne prêtait pas suffisamment garde à coordonner ses gestes en fonction du voisinage immédiat. Ainsi j’eus peur un instant que Natacha qui se trouvait sur le banc de rameur à mes côtés, capte de ses yeux toujours curieux et en éveil, l’image morbide d’une fin par blessure mortelle qui m’avait traversé l’esprit puis l’intérieur secret mais justement à ce moment-là trop exposé de ma main placée en position écran-paysage.

Plus curieusement encore l’opération de mes yeux, simple remplacement derrière la pupille de ma loupe naturelle déjà un peu rigidifiée et obscurcie, cet objectif primitif grillé par tout ce soleil que j’avais capté, par une lentille progressive intacte, absolument cristalline et souple, que je venais de subir pile pour mon anniversaire au moment d’entre dans la fatidique zone de mes bientôt soixante-dix-sept ans, s’était avérée elle-aussi étrangement complétée d’un nouveau statut et de nouveaux pouvoirs qu’on pouvait assimiler à un fonctionnement bionique. Non seulement mes yeux accommodaient merveilleusement en fonction de la distance, mais ils semblaient aptes maintenant à servir à rapprocher et à grossir les images, spécialement l’œil gauche qui, tenez-vous bien – je venais de m’en apercevoir dans cette période où nous nous étions approchés de cette bizarre statue d’empereur qui semblait flotter au-dessus de l’eau, marquant par sa présence inquiétante et suspendue un carrefour autrement totalement invisible sur la surface immobile, étendue à l’infinie, de l’eau noire qui portait notre barque -/ [ici, j’ai tronqué un passage excessivement enthousiaste sur les progrès optico-chirurgicaux liés aux plus atroces dérives actuelles et futures de notre monde]  . . . oui, c’est ça . . . cet œil pouvait servir de longue vue, grâce à un simple clignement même involontaire, de l’œil droit, ou alors, si je clignais des deux yeux à la fois j’avais une vision totalement rapprochée des lointains.

Ça parait invraisemblable mais je le savais, j’en étais sûr puisque de temps à autre, l’image ainsi « photographiée » (le mot semble presque convenir) de cette étrange statue apparaissait maintenant dans ma paume de temps à autre, quand je la retournais vers mon visage.

Mais le plus étrange est ceci maintenant :

Alors que je n’avais pas encore écrit ce passage. Alors que je lui avais à peine donné quelques vagues indications par Messenger, la sachant réceptive mais aussi tellement gouailleuse et ironique, tout en communiquant de temps à autre sur Facebook, et donc, maintenant, une fois revenu à mon statut « normal » après cette aventure, alors que dans ce état redevenu banal je vous la raconte aussi précisément que je le peux mais avec cette impression que je n’y arriverai jamais adéquatement, j’ai reçu de Patricia Bonnallie, celle que vous connaissez déjà si vous avez suivi les tribulations de la chaise bleue du feuilleton précédemment publié ici  » le Fils de Dio« , j’ai reçu d’elle le portrait de cette statue que j’ai postée et qui n’est autre que celle que j’avais vue et enregistrée dans mes neurones, qui maintenant réapparaît de temps à autre quand j’y pense trop, dans ma paume. Et d’ailleurs c’est ainsi que vous avez pu le voir avant même d’avoir lu ce tronçon d’épisode.

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david domitien duquerroigt
Amoureux de la Catalogne où il s'est trouvé des ancêtres, david domitien duquerroigt (il tient aux minuscules ), y vit maintenant un peu retiré du monde. S'il a côtoyé une partie de sa vie, avant la chute du mur de Berlin, les attachés culturels us ou soviets, sans avoir autant qu'eux l'air d'un espion, c'est que à côté de ses contes utopiques, caché derrière les ronds de jambes de ses représentations diplomatiques, il s'est donné pour tâche d'écrire secrètement l'histoire compliquée de Dio Darko Brac, l'ami qui a mené jusqu'à sa disparition une vie d'agent de la délégation de la défense extérieure, détaché auprès de la section ne figurant sur aucun organigramme de la direction des affaires étrangères non élucidées.
La nouvelle histoire que ddd met en route après son blog ayant pour siège la gare de Perpignan sur le Nouvel Obs et son essai de raconter sa vie ou son ultramort sous la Maison Carrée de Nîmes, est celle , une fois couchés sur le papier ou les écrans numériques, ces épisodes aventureux , celle amicale et nostalgique de la rencontre avec le fils de Dio, un jeune homme tranquille.
Mais voici tout à coup que ddd (oubliant provisoirement le cap Creux) se retrouve à nouveau aux approches de la maison Carrée bientôt dans son archi-dessous envahi par les eaux après être passé par le fond de son jardin . . . pour une nouvelle aventure bionico-sf.

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